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VAE: un bilan de vie – un travail sur la preuve – une reconnaissance professionnelle

Le ministère, la candidate, le professionnel du secteur: trois points de vue sur un projet collaboratif.


Antonio De Carolis
Antonio De Carolis
Directeur du Service de la formation professionnelle
Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle
www.men.public.lu
Nadine Goetzinger
Nadine Goetzinger
Educatrice diplômée
Ecole précoce Kayl

Jean-Paul Ochem
Jean-Paul Ochem
Président de la Fédération des Maîtres Traiteurs du Grand-Duché de Luxembourg
Président de la Commission de validation de la VAE



La VAE: un bilan d’une carrière professionnelle déjà bien remplie. Comme son intitulé l’indique, la Validation des Acquis de l'Expérience permet de valoriser des compétences et des connaissances professionnelles ou extra-professionnelles — salariées, non salariées, voire bénévoles — en les faisant sanctionner par un certificat, un diplôme de l'enseignement secondaire technique ou un brevet de maîtrise de l'artisanat.

Les chiffres nous prouvent que nous sommes sur la bonne voie

Concrètement, la démarche s’effectue en deux étapes, auprès du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle. "Valider ses acquis est un travail sur la preuve", note Antonio De Carolis, le Directeur du Service de la formation professionnelle, au Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle. "Les descriptions écrites des connaissances, aptitudes et attitudes doivent être suffisamment détaillées. Pour la rédaction d'un bon dossier de validation, 9 à 12 mois semblent être une période nécessaire suivant le niveau du diplôme visé."

La tâche est de longue haleine… et nécessite rigueur et précision. Ainsi, depuis la mise en place du dispositif en mai 2010, 764 premières demandes ont été introduites auprès du ministère. 108 ne répondaient pas aux critères exigés: "Soit les 5.000 heures requises ne sont pas atteintes, soit l’expérience décrite n’a aucun lien avec la certification demandée, ou aucune formation n’existe au Luxembourg pour valider l’expérience en question", justifie M. De Carolis.

Sur la période, 617 dossiers ont été déclarés recevables. Mais seules 246 demandes de validation sur le fond ont finalement été déposées. 68 ont reçu une validation totale, et 55 une validation partielle. Soit un taux d’environ 20%. "Les chiffres nous prouvent que nous sommes sur la bonne voie et que l’on ne brade pas les diplômes", se réjouit ce dernier.

J’ai compris beaucoup de choses sur moi-même

Parmi les dossiers ayant reçu une validation totale, celui de Nadine Goetzinger, aujourd’hui éducatrice diplômée, dont les acquis de l’expérience ont été reconnus et homologués en mai 2011.

Début 2010, elle entend parler de la VAE qui se met en place. Elle assiste alors à la toute 1ère réunion d’information sur le sujet. Elle reçoit son dossier par la poste; celui-ci contenait une biographie, un questionnaire, avec une check-list des connaissances et compétences des matières linguistiques, éducatives, sociales… à justifier pour obtenir le diplôme en dernière année de cursus d’éducateur.

Elle commence alors un journal, et jette sur papier schémas, textes, idées, réflexions, souvenirs… Tout ce qui peut illustrer les pratiques et compétences acquises au cours de ces dix années d’expérience. Pour compléter les connaissances manquantes, on lui conseille d’effectuer des stages pratiques ou de replonger dans ses souvenirs de bénévolat et d’aide aux proches.

En janvier 2011, elle dépose un dossier de quelque 300 pages. "J’ai mis un an pour le constituer, tous les soirs après mon travail, les week-ends et durant mes congés aussi", poursuit-elle.

Le tout représente pour elle le bilan d’une vie professionnelle déjà bien remplie. Un travail de mémoire et d’introspection personnels, porteur d’une forte charge émotionnelle. "C’était une recherche sur ma carrière, où j’ai compris beaucoup de choses sur moi-même", observe-t-elle.

A l’unanimité, la Commission de validation donne son homologation. Et en mai 2011, le diplôme d’éducateur lui est remis officiellement. Suit, dans la foulée, celui du baccalauréat.

Ce diplôme lui ouvre aussi des portes: elle commencera en juillet prochain un cycle de 3 ans d’études de thérapeute systémique et de supervision à la Fondation Kannerschlass, en collaboration avec l’Université de Essen (Allemagne).

Vous devez être sûr de bien connaître tout le métier

Jean-Paul Ochem a pour sa part présidé plusieurs fois la Commission de validation de la VAE dans sa branche. Maître traiteur aujourd’hui retraité, il dirige également la Fédération des Maîtres Traiteurs du Grand-Duché de Luxembourg.

Concrètement, les cinq membres de la Commission de validation qu’il dirige lisent le dossier de candidature chacun de leur côté. Puis se réunissent pour échanger leur avis. S’il en ressort que le postulant n’a manifestement pas les compétences requises, la candidature est rejetée.

S’il manque des informations, si des omissions existent, il sera alors convoqué pour un complément d’information. Il peut aussi être invité pour une mise en situation.

Chaque année, deux à trois dossiers en moyenne passent le cap de la 1ère sélection. Depuis la mise en place de la VAE, un seul dossier a été validé dans la branche. "Si mon équipe et moi attribuons le brevet de maîtrise à quelqu’un, nous estimons qu’il a les capacités pour", explicite M. Ochem. "En quelque sorte, nous sommes aussi là pour protéger le candidat, pour qu’il ne fasse pas n’importe quoi et surtout qu’il réussisse dans son entreprise."

Aussi, pour le président de la Commission de validation de la VAE, les postulants ne sont pas vraiment conscients des connaissances et compétences qui sont requises pour obtenir cette homologation: "Le dossier, c’est beaucoup de travail; et quand on les met en situation, ils se rendent vite compte qu’il leur manque de l’expérience, voire des connaissances."
Dès lors, le premier des conseils qu’il souhaiterait leur prodiguer: "Préparer son dossier est un travail de longue haleine, et les formalités ne sont pas si simples. Ainsi, avant de commencer à monter votre dossier, réfléchissez bien! Vous devez être sûr de bien connaître tout le métier. Sinon, la meilleure alternative reste encore de l’apprendre et de le compléter par la voie traditionnelle", conclut-il.

Publié le 11-10-2013

 

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