Le portail de la formation tout au long de la vie
DE
EN
FR
PT
Vous êtes ici: Accueil > Témoignages

"Vous devez être sûr de bien connaître le métier"

Jean-Paul OchemJean-Paul Ochem, Président de la Fédération des Maîtres Traiteurs du Grand-Duché de Luxembourg, Président de la Commission de validation de la VAE

Lorsqu’il a été sollicité pour participer à la mise en place, puis au déroulement du dispositif de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) dans sa branche, Jean-Paul Ochem - maître-traiteur aujourd’hui retraité (restaurant Le Rondeau, Bridel) -, avoue avoir été sceptique quant au bien-fondé d’une telle démarche.

"Au début, quand on nous a parlé de la VAE, nous n’étions pas très rassurés: comment est-ce possible de croire et de juger quelqu’un sur un dossier et non en situation, sans l’avoir jamais vu pratiquer?", se rappelle le Président de la Fédération des Maîtres Traiteurs du Grand-Duché de Luxembourg. "Comme nous souhaitons maintenir un niveau de qualité pour le métier, nous ne voulions pas que le brevet de maîtrise soit bradé."

La valorisation des acquis de l’expérience accorde en effet une équivalence qui débouche sur le brevet de maîtrise de traiteur, la formation de chef d'entreprise dans l'artisanat par excellence. D’une durée de trois ans, l’enseignement porte sur l’acquisition des connaissances en gestion d'entreprise et sur des compétences technologiques, afin de créer et de diriger sa propre entreprise, ou pour exercer des responsabilités auprès d’un employeur.

"On reconnaît immédiatement si la personne est qualifiée ou non"

"L’examen de maîtrise est très poussé", remarque M. Ochem, qui est par ailleurs Président de la commission d’examen du brevet de maîtrise. Il couvre en effet la nutrition, la connaissance des marchandises, celle des menus, des calculs de cuisine… Il comprend également des modules de théorie générale, d’économie politique, de calculs des salaires, de microbiologie… "On peut être un très bon cuisinier, mais il faut aussi savoir gérer une entreprise", justifie-t-il.

Le nombre de professionnels de la branche étant restreint, c’est tout naturellement qu’il a été désigné à la tête de la Commission de validation composée en moyenne de cinq personnes issues de l’enseignement et du patronat.

Avec l’arrivée des premières candidatures, il réalise vite que la procédure de la VAE est tout autre que ce qu’il appréhendait: "Tout de suite, nous nous sommes rendus compte qu’un examen sur dossier était faisable. On reconnaît immédiatement si la personne est qualifiée ou non, si elle sait expliquer comment on fait des achats, les différents menus proposés (ceux pour les fêtes notamment), comment on gère une cuisine ou le personnel… ", détaille-t-il.

Concrètement, les cinq membres de la commission lisent le dossier chacun de leur côté. Puis se réunissent pour échanger leur avis. S’il en ressort que le postulant n’a manifestement pas les compétences requises, la candidature est rejetée.

S’il manque des informations, si des omissions existent, le candidat sera alors convoqué pour un complément d’information: "Si par exemple, il ne parle pas de l’hygiène, du calcul de salaires, ou du prix de revient... On ne sait pas s’il connaît ces domaines ou non", précise M. Ochem.

"En quelque sorte, nous sommes aussi là pour protéger le candidat"

Il peut aussi être invité pour une mise en situation: "Par exemple, on lui fait passer un examen pratique, comme pour celui du brevet de maîtrise: on lui fait tirer au sort un menu, qu’il doit réaliser", détaille le Président de la Fédération des Maîtres Traiteurs du Grand-Duché de Luxembourg.

Depuis la mise en place de la VAE, deux à trois dossiers ont chaque année passé le cap de la 1ère sélection. Faute d’un niveau théorique et pratique suffisants, la plupart des demandes sont cependant incomplètes, et elles doivent encore être parachevées par les candidats.

Au final, un seul dossier a été validé: celui d’un restaurateur qui souhaitait passer sa VAE pour enseigner la cuisine dans un établissement public. Seule condition: avoir le brevet de maîtrise. "Il avait beaucoup travaillé dans le métier, mais aussi à l’étranger. Il avait monté son propre restaurant et avait envie d’arrêter. Il a choisi cette voie plutôt que celle plus longue du brevet de maîtrise. Son dossier était solide, et nous avons été conquis", se souvient le Président de la Commission de validation.

Quel bilan tire-t-il du dispositif de la VAE? "Si mon équipe et moi attribuons le brevet de maîtrise à quelqu’un, nous estimons qu’il a les capacités pour", explicite-t-il. "En quelque sorte, nous sommes aussi là pour protéger le candidat, pour qu’il ne fasse pas n’importe quoi et surtout qu’il réussisse dans son entreprise."

Aussi, pour Jean-Paul Ochem, les postulants ne sont pas vraiment conscients des connaissances et compétences qui sont requises pour obtenir une VAE: "Le dossier, c’est beaucoup de travail; et quand on les met en situation, ils se rendent vite compte qu’il leur manque de l’expérience, voire des connaissances."

Dès lors, le premier des conseils qu’il souhaiterait leur prodiguer: "Préparer son dossier est un travail de longue haleine, et les formalités ne sont pas si simples. Ainsi, avant de commencer à monter votre dossier, réfléchissez bien! Vous devez être sûrs de bien connaître tout le métier. Sinon, la meilleure alternative reste encore de l’apprendre et de le compléter par la voie traditionnelle du brevet de maîtrise", conclut-il.

Publié le 04-11-2015

 

Imprimer Tout voir/cacher
Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn Partager sur Google+ Envoyer à un ami
Voir toutes les news
 
 
Jan Fév Mar Avr
Mai Juin Juil Aoû
Sep Oct Nov Déc
Cette page vous a-t-elle été utile? Votre avis nous aide à améliorer ce site. Envoyez vos commentaires au webmaster ou donnez nous votre Feedback. Oui Un peu Non
lifelong-learning.lu utilise des cookies

En consultant ce site, vous acceptez l'utilisation des cookies nécessaires à la navigation et permettant de réaliser des statistiques.

Vous pouvez modifier les paramètres des cookies à tout moment dans votre navigateur. OK