Le portail de la formation tout au long de la vie
DE
EN
FR
PT
Vous êtes ici: Accueil > Témoignages

Le plus important est de faire quelque chose qui vous tient à cœur

Nadine GoetzingerNadine Goetzinger, Educatrice diplômée
Ecole précoce Kayl


Nadine Goetzinger débute sa vie professionnelle par des petits boulots. Elle arrête ensuite de travailler pour élever ses 2 enfants. En 2000, elle entre au service socio-éducatif de Dreiborn pour s’occuper des jeunes délinquants, puis devient chargée de cours (enseignante non-titulaire), où elle continue à faire des remplacements.

En 2001, elle rejoint la commune de Remich, comme employée dans une classe de précoce, un poste sans diplôme ni titularisation.

En 2004, la loi sur l’éducation précoce impose dans chaque classe une institutrice (titulaire) et une éducatrice diplômée. Le personnel non qualifié concerné a 6 ans pour régulariser sa situation et obtenir le diplôme requis.

La fin de la période transitoire approche. Toujours sans diplôme, elle risquait le licenciement. Début 2010, Nadine Goetzinger entend parler de la VAE qui se met en place. En avril, elle assiste à la toute 1ère réunion d’information sur le sujet. Quinze personnes sont présentes: "Il y avait un peu tous les métiers: hôtellerie, gastronomie, secrétariat …", se souvient-elle.

La grande inconnue

A l’époque, tout était encore nouveau, à construire et à mettre en place dans ce domaine. "A mes questions, on me répondait: on verra cela en temps et en heure. Pour tout le monde c’était vraiment la grande inconnue", précise-t-elle.

Elle reçoit son dossier par la poste; celui-ci contenait une biographie, un questionnaire, avec une check-list des connaissances et compétences des matières linguistiques, éducatives, sociales… à justifier pour obtenir le diplôme en dernière année de cursus d’éducateur.

Une tutrice est nommée pour l’accompagner dans ses démarches. Pour elle aussi, c’est la 1ère fois. Elle lui dit tout de même: "Votre objectif est de rédiger les manuels éducatifs. Il s’agit de décrire votre travail à une personne qui n’y connaît rien, et de telle sorte qu’en lisant votre dossier, celle-ci sache exécuter toutes les tâches requises pour réaliser ce travail."

Elle commence un journal, et jette sur papier schémas, textes, idées, réflexions, souvenirs… Tout ce qui peut illustrer les pratiques et compétences acquises au cours de ces dix années d’expérience. Pour compléter les acquis manquants, on lui conseille d’effectuer des stages pratiques ou de replonger dans ses souvenirs de bénévolat et d’aide aux proches.

"Le fait d’être mère, c’était une forme d’auto-éducation, tout comme l’accompagnement de ma grand-mère durant les 15 dernières années de sa vie… ", précise-t-elle. "J’ai également décrit mon expérience de bénévolat avec des personnes handicapées, puis mon expérience à Dreiborn… Quand j’ai constitué le plan de mon dossier, je me suis aperçue que j’avais toutes les expériences requises… ".

Le 1er jet du dossier rédigé en 3 langues compte 800 pages; elle le réduit ensuite à 300 pages. "J’ai mis 1 an pour le constituer, tous les soirs après mon travail, les week-ends et durant mes congés aussi," poursuit-elle.

Une revanche sur la vie… Un compliment à soi-même…

Le tout représente pour elle le bilan d’une vie professionnelle déjà bien remplie. Un travail de mémoire et d’introspection personnels, porteur d’une forte charge émotionnelle.

"C’était une recherche sur ma carrière, où j’ai compris beaucoup de choses sur moi-même", observe-t-elle. "J’ai aussi réalisé que l’absence de reconnaissance, de valorisation a souvent marqué mon parcours professionnel, parce qu’on me considérait sans grande valeur, parce que je n’avais ni diplômes, ni droits, mais plutôt des obligations et des devoirs."

Le dossier est déposé en janvier 2011: à l’unanimité, la Commission de validation donne son homologation. En mai, le diplôme d’éducateur lui est remis officiellement. Et dans la foulée, celui du baccalauréat.

"Je pensais que d’avoir enfin le diplôme me réconcilierait avec le passé. J’ai remarqué qu’il représentait pour moi une reconnaissance morale de mon expérience et de mon travail d’éducatrice effectué tout au long de ces années", se félicite-t-elle.

Le diplôme lui ouvre aussi des portes: elle commencera en juillet prochain un cycle de 3 ans d’études de thérapeute systémique et de supervision à la Fondation Kannerschlass, en collaboration avec l’Université de Essen (Allemagne).

Si c’était à refaire, Nadine Goetzinger reposerait sa candidature à la validation des acquis de l’expérience: "Je conseille à tout le monde de faire cette VAE, car la vie est longue; professionnellement, on peut faire beaucoup de choses, et aujourd’hui changer plusieurs fois de métier. Le plus important est de faire quelque chose qui vous tient à cœur".

Publié le 04-11-2015

 

Imprimer Tout voir/cacher
Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn Partager sur Google+ Envoyer à un ami
Voir toutes les news
 
 
Jan Fév Mar Avr
Mai Juin Juil Aoû
Sep Oct Nov Déc
Cette page vous a-t-elle été utile? Votre avis nous aide à améliorer ce site. Envoyez vos commentaires au webmaster ou donnez nous votre Feedback. Oui Un peu Non
lifelong-learning.lu utilise des cookies

En consultant ce site, vous acceptez l'utilisation des cookies nécessaires à la navigation et permettant de réaliser des statistiques.

Vous pouvez modifier les paramètres des cookies à tout moment dans votre navigateur. OK